Seb & The Radix, Pop Apocalyptique

tumblr_ogl5tnbdxw1qg8t2ho1_1280

je déteste tout sorte de revival

je n’suis qu’excité par le futur

Avant de nous tourner résolument vers l’avenir, jetons un œil dans le rétroviseur : vous avez peut être déjà croisé Seb Radix, pilier de la scène musicale alternative lyonnaise, au sein de Miss Goulash, Kabuki Buddah, les Rubiks et plus récemment Totale Eclipse.

Seb Radix c’est aussi Seb and the Rhââ Dicks, Seb & the Rad Hicks, Radix & the Sebs… un projet solo qui refuse de se fixer sur un nom ou un style et qui sillonne infatigablement les routes européennes et américaines depuis bientôt sept ans. La sortie d’un nouvel album n’est que la pointe émergée de l’iceberg (si on part du principe qu’un iceberg est une bonne métaphore pour décrire sa passion inaltérable pour la musique qu’il partage dans son fanzine gratuit, ses mixtapes généreuses, son label Rock n’Roll masturbation et ses concerts inoubliables dont il ramène toujours des souvenirs et des copains/copines (avec son compagnon de toujours Pedro de la Hoya, Binaire, Ayatollah, Zero, Mike Watt, Street Eaters…)) On n’est pas sûrs de la métaphore ou de la double parenthèse mais l’heure n’est plus à ruminer le passé, car voilà « Pop Apocalyptique » second disque qui succède à « Seb and the Rhâââ Dicks » et une grosse poignée de démos et de Eps.

Les maniaques du classement et les paresseux-ses de tout poil (dans la main) peuvent ranger ce disque sous l’étiquette « pop décomplexée » mais ça ne lui rendrait pas justice : tour à tour punk, folk, guitar hero, se permettant même des fulgurances hip-hop R&B autotunées (Rocketship feat. Adder), Radix navigue entre les styles avec une aisance insolente et l’air de ne pas y toucher mais toujours un petit sourire en coin. Un vrai disque de « variété », finalement.

S’il « ne ressent que très peu de nostalgie » et préfère le futur (Le bon vieux temps, Tu es mon futur), qu’on ne s’y trompe pas : il ne s’agit pas ici de naïveté ou d’optimisme aveugle, car comme son nom l’indique « Pop Apocalyptique » est un disque qui a parfaitement intégré les légitimes angoisses de notre époque, les contradictions, le sentiment d’impuissance et de frustration qui accompagnent l’âge adulte. A tout cela, le disque propose des pistes – sans prétendre avoir réponse à tout – et invite à danser dans un joyeux bordel sur les ruines de l’ancien monde (Apocalypse). Évidemment, personne ne danse jamais dans des concerts où il n’y a de toute façon personne parce que tout le monde regarde la télé le soir en rêvant de s’installer à Portland. L’album s’ouvre et se ferme sur Prisoners, et cette chanson sur l’incarcération agit comme un fil conducteur métaphorique tout au long de l’album. Prisonniers du passé vécu ou fantasmé, du bon goût, des habits noirs, de sa solitude ou des habitudes subies, « it’s time to act right and think twice » (pas nécessairement dans cet ordre), faites ce que vous voulez ici et maintenant « as long as you’re happy with that ».

Mais le thème dominant du disque c’est bien la musique elle-même (super méta, le mec), les musiciens (Anthony Kiedis, Lou Barlow & J. Mascis), le songwriting (Un peu de Cold, Melody et son clin d’œil au retour en grâce des paroles en français) et la vie sur la route en tournée (Let’s Talk, Returning Home). La structure de l’album elle-même rappelle le bricolage d’une mixtape – jouant avec les ruptures, les montages, les collages – sans perdre de vue l’efficacité mélodique et l’évidence pop des tubes (et il y en a, au moins 19).

Si Seb Radix était une équipe de foot ce serait la section féminine de l’Olympique Lyonnais, qui n’attend pas de remplir des stades ou de toucher des millions pour dérouler avec constance un jeu impeccable et aligner les victoires en dehors de toute hype.

Si Seb Radix était un poème ce serait « On being a woman » de Dorothy Parker, coincé entre la route et la maison, avec toujours un peu l’envie d’être ailleurs.

Pour paraphraser l’inspecteur Lestrade (j’avais eu l’idée avant mais Sherlock m’a tout piqué) Seb Radix n’est peut être pas un « Génie » ou un « Grand Homme » – le monde en déborde n’en jetez plus merci – il est mieux que ça : un type bien.

Bref écoutez ses disques, téléchargez gratos et peut être même achetez les vinyles, allez le voir en concert ou envoyez lui un mail pour le faire jouer près de chez vous.

Et si malgré ça il ne remplit toujours pas les stades, pas d’inquiétude, ça ne l’arrêtera pas. Comme dit un ami « Let’s fail and try again ».

pochetteseb

“Pop Apocalyptique”

“Enregistré, mixé, masterisé par Bruno Germain à l’Epicerie Moderne et chez lui-même en 2016.
Concept photo pochette: Boz

Paroles & musiques: Seb Radix”

“Rocketship” feat. Adder,  paroles: Seb & Adder

 

LABELS

Rock’n’Roll Masturbation

Ligature

Gabu

Joe Cool

 

TOUR DATES

3 février: DIJON (Les Tanneries 2) Engeance Fest

9 février: HELP !!! HELP !!! (entre Lyon et Munich)
10 février: Munich (Kafe Kult)
11 février: Berlin (Madame Claude)
12 février: HELP !!! HELP !!! (entre Berlin et Bruxelles)
13 février: Bruxelles (galerie / disquaire)
14 février: Lille (disquaire + appart)
15 février: Paris (Le chair de Poule)
16 février: HELP (entre Paris et Lyon ?)

Seb & the Rhââ Dicks + Bitpart !!!
15 mars: HELP HELP !!!
16 mars: Montpellier (Black Sheep)
17 mars: Grenoble
18 mars: Lyon (TBC)

Leave a Reply