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Pop Apocalyptique, sortie chez Ligature, Gabu Asso, Joe Cool  et Rock n Roll Masturbation

“Je déteste tout sorte de revival, je n’suis qu’excité par le futur “


Avant de nous tourner résolument vers l’avenir, jetons un œil dans le rétroviseur : vous avez peut être déjà croisé Seb Radix, pilier de la scène musicale alternative lyonnaise, au sein de Miss Goulash, Kabuki
Buddah, The Rubiks et plus récemment Totale Eclipse.

Seb Radix c’est aussi Seb and the Rhââ Dicks, Seb & the Rad Hicks, Radix & the Sebs… un projet solo qui refuse de se fixer sur un nom ou un style et qui sillonne infatigablement les routes européennes et américaines depuis bientôt six ans. La sortie d’un nouvel album n’est que la pointe émergée de l’iceberg : Seb partage sa passion inaltérable pour la musique dans son fanzine gratuit, ses compils K7 généreuses, son label Rock n’Roll Masturbation et ses concerts inoubliables dont il ramène toujours des souvenirs (avec son compagnon de toujours Pedro de la Hoya, ou encore Mike Watt, Papier Tigre, Sheer Mag …). L’heure n’est plus à ruminer le passé, car voilà « Pop Apocalyptique », second disque qui succède à « Seb and the Rhâââ Dicks » et une poignée de démos et d’Eps.

Les maniaques du classement et les paresseux-ses de tout poil (dans la main) peuvent ranger ce disque sous l’étiquette « pop décomplexée » mais ça ne lui rendrait pas justice : tour à tour punk, folk, country, se permettant même des fulgurances hip-hop R&B autotunées (Rocketship featuring. Adder), Radix navigue entre les styles avec une aisance insolente et l’air de ne pas y toucher mais toujours un petit sourire en coin. Un vrai disque de « variété », finalement.

S’il « ne ressent que très peu de nostalgie » et préfère le futur (Le bon vieux temps, Tu es mon futur), qu’on ne s’y trompe pas : il ne s’agit pas ici de naïveté ou d’optimisme aveugle, car comme son nom l’indique « Pop Apocalyptique » est un disque qui a parfaitement intégré les légitimes angoisses de notre époque, les contradictions, le sentiment d’impuissance et de frustration qui accompagnent l’âge adulte. A tout cela, le disque propose des pistes – sans prétendre avoir réponse à tout – et invite à danser dans un joyeux bordel sur les ruines de l’ancien monde (Apocalypse). Évidemment, personne ne danse jamais dans des concerts où il n’y a de toute façon personne parce que tout le monde regarde la télé le soir en rêvant de s’installer à Portland. L’album s’ouvre et se ferme sur Prisoners, et cette chanson sur l’incarcération agit comme un fil conducteur métaphorique tout au long de l’album. Prisonniers du passé vécu ou fantasmé, du bon goût, des habits noirs, de sa solitude ou des habitudes subies, « it’s time to act right and think twice ». Pas nécessairement dans cet ordre.

Mais le thème dominant du disque c’est bien la musique elle-même, les musiciens (Anthony Kiedis, Lou Barlow & J. Mascis), le songwriting (Un peu de Cold, Melody et son clin d’œil au retour en grâce des paroles en français) et la vie sur la route en tournée (Let’s Talk, Returning Home). La structure de l’album elle-même rappelle le bricolage d’une mixtape – jouant avec les ruptures, les montages, les collages – sans perdre de vue l’efficacité mélodique et l’évidence pop des tubes. Et il y en a, au moins 18.

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